En cette occasion, la maison Bakanja-ville, structure d’encadrement des enfants en rupture familiale s’est résolue cette fois-ci d’honorer la fille et pas n’importe laquelle, la fille en situation de rue   ou en rupture familiale. Et pourquoi l’honorer ? Le tout est parti de la petite réflexion   qui était faite quand on s’approchait de la date fatidique du 08/03/…qui commémore mondialement la femme, en mettant en exergue ses droits, sa valeur, ses qualités…de ce fait, la maison Bakanja-ville a voulu y apporter un cachet particulier et spécifique   en y associant la problématique fille de la rue, fille de personne ? Lors de nos incessantes descentes de terrain pendant la nuit. Nous avions remarqué que ces filles vivaient dans de contions hors normes, infrahumaines : exploitées, violentées et violées et que tout espoir de survie leur était arraché. Et comment vivent-elles sur la rue ? Quelques-unes d’entre elles témoignent : « sur la rue nous vivons très mal, personne ne nous regarde, on reçoit de toute part les insultes, les humiliations, au fait nous sommes leur risée, leur moquerie…mais quand ils veulent assouvir leur soif (les hommes de tout bord), c’est vers nous qu’ils se tournent, souvent contre notre gré, nous forçant l’amour et avec tout ce qui a comme conséquences : maladies sexuellement transmissibles, infections, grossesse…

C’est au regard de tous ces témoignages, que nous avons voulu en cette date du 08/03, honorer cette fille en situation de rue ; Et   comment y parvenir ?  Une pré-campagne de sensibilisation et de mobilisation faite auprès de ces filles, pour qu’elles se rendent   en nombre à la Bakanja-ville, où une équipe d’éducateurs a été préparée pour la circonstance : deux dames médecins, une psychologue clinicienne, un éducateur à la paix, un sociologue et un criminologue les attendait. A l’ordre du jour, un petit canevas a été mis à  jour : sensibilisation et vulgarisation des droits de la femme et de la jeune fille,  l’analyse profonde sur les causes qui les poussent  à être  sur la rue, que faire pour les tirer de la rue en vue de leurs réinsertions familiales et/ou sociales, moyennant de courtes formations,  et  en première position, c’est la  coupe et couture qui était visée…puis la sensibilisation sur différentes maladies sexuellement transmissibles  et autres auxquelles  elles sont exposées tout en restant sur la rue, l’hygiène  corporelle    en vue d’éviter aussi d’autres maladies y afférentes. Puis s’en est suivi un jeu de questions – réponses dans lequel toutes ces filles ont participé activement. Puis l’intervenante du jour a saisi l’occasion pour valoriser la femme et la jeune fille, tout en les invitant aussi à suivre ce bel exemple d’une femme de qualité, de valeur, qui honore et fait la fierté de toute une nation. Elles ne doivent pas se sous-estimées, elles doivent se comparer aux autres filles, quittant leur marginalité et ce, moyennant une compétitivité. Puis nous avions   chuté par un témoignage touchant fait par une ex-fille en situation de rue et qui maintenant devenue, mère d’une famille. Elle a raconté son passé… victime d’une exclusion familiale, pare que taxée de sorcellerie et c’est grâce à son courage et à sa ferme détermination, qu’elle a pu réintégrer la société en n’obtenant son diplôme d’état en coupe et couture et à être prise en mariage. Actuellement elle donne cours dans une école de la place, tout en exerçant son métier. Maintenant elle est mère d’une famille.  Une vingtaine de femmes travaillant dans une société de la place, a voulu les honorer en s’associant à elles pour les valoriser, et fêter ensemble   avec elles : un repas chaud et copieux leur a été offert pour la circonstance, plus un rafraîchissement. Puis une écoute empathique a été faite à l’issue de laquelle, toute une chacune a exprimé ce qu’elle désirait devenir une fois majeure. Chez Don Bosco, la musique et la danse font partie de la joie, et c’est dans une ambiance festive que la journée dédiée aux droits de la femme et de la jeune fille s’est clôturée. Avant que ces filles ne partent, elles ont reçu chacune un pagne, puis elles ont exprimé chacune leur gratitude env. un pagne, puis elles ont exprimé chacune leur gratitude envers la maison Bakanja –ville.